27.03.2007

Un sale air

 

 

On boit notre salaire. On a un sale air. Parce que soudain on manque d’air, on rêve d’ailleurs où tout irait mieux qu’ici et maintenant, on se ment on se raconte des craques, des histoires, qui comptent presque pour du beurre, des histoires dans le noir, parce qu’il n’y a pas mille façon de le broyer, il faut se mettre dans le rouge, coller l’aiguille du compteur et faire claquer les rupteurs, alors on rentre les épaules et on rentre dans le tas, on n’a pas appris autrement, que sur le tas, on en connaît déjà des tas, un rayon, sur la façon et aussi sur la malfaçon, rien qu’en lisant, rien qu’en marchant, en regardant la télévision, en surfant sur le réseau, on apprend, par le bouche à oreille et par le bouche à bouche, on a des préférences, sexuelles, intellectuelles, on a des références et on en use à tel point que nos mâchoires en tombent comme des buses, on se prend des claques et le pire dans l’histoire est qu’on se prend au jeu, on s’y prend les pieds, dans les tapis rouges déroulés par de fourbes acolytes de comptoir et de crachoir, on rebondit quand on se laisse choir, par choix, par hasard, par nécessité, aucune ligne directrice, les droites courbent l’échine à l’infini de nos acquis, on a des piercings dans l’inné et plus d’un coup dans le nez, on se lève d’un bond, on a encore bon pied bon œil mais quand on est dans celui du cyclone on boit la tasse dans nos hormones et on se fendille la coquille comme la cloche fêlée du grand Charles, on n’a pas la peau douce de Jeanne la boiteuse, on ne freine pas avant le virage, on n’a plus l’age des possibles, on ne finit pas son assiette, on n’est pas dans son assiette, on végète, on fait du sur place,  on s’agite, on baise vite, on est mal élevé, mal à l’aise, on parle pour ne rien dire, on parle pour ne pas se laisser mourir, on tombe mal à propos, on vote, on ne touche pas à ton pote, on retouche quelques fautes, on se frotte, on papote, on gigote, on complote, on se pelote dans les coins, dans les chiottes, dans la cuisine, rarement à l’arrière d’une limousine, ou alors louée à prix fort, on fait les fiers à bras, les durs à cuire, on sent la vanille et le cuir, on se gifle, on se renifle, on se déchire, on se recoud, baroud d’honneur, courbée l’échine, on se renvoie dans les cordes, on boude la horde, on médite, on se prend pour Bouddha dès qu’on s’assoit en tailleur face à la mer, on est comme un feu qui crépite, on gratte des allumettes sous la semelle de nos pompes, on se pousse du coude, on n’est pas d’humeur, not in the mood, cher Iznogoud, on rigole bien, on coule même parfois, dans les méandres d’un corps à prendre, on plonge, on en prend pour trente ans, vol à main armé ou nouveau bébé, on est désolé, on est ravi, on est en vie, on sourit, on se plaint mais il paraît qu’on n’est pas à plaindre là où on est, on dirait qu’on y est sauf qu’on n’est jamais arrivé, comme si le but de toute vie ne s’atteignait que par dichotomie on a beau réduire l’intervalle de moitié, on se heurte à l’irréductible, on peut accélérer le pas et se classer dans les meilleurs, on peut taquiner Kantor et surclasser les filles aux jambes infinies on a les mains liées dans le dos et le toupet du condamné qui crache à la gueule du prêtre venu sauver son âme, on n’a plus d’états d’âme, on se rétame, on se retape, on se départit d’être mal parti, on est bien mis de notre personne et soudain personne ne nous remet, on est rien, on est con, on a tout, on ne s’en rend pas compte, trop tard, on repart, de zéro quoique, des fois on part de moins que ça mais on ne le dit pas, on n’a pas les mots, on a une grande gueule, on se la fend de temps à autre, on est faible on le sent plus on se sent plus avec quelques alcools forts, on boit à la bouteille, les paroles d’un gourou, au goulot, on s’incline, on s’impose, des rythmes infernaux, latinos, on a le rythme dans la peau et on tire plus souvent le chapeau que l’épingle du jeu, on n’est pas pingre, on n’a plus un kopek, on s’en fout, plein les poches, on achète le sursis à crédit on dépense sans compter, on se jette à l’eau avec l’argent par la fenêtre sur cour, des miracles on en fait des tonnes, on ne s’étonne plus de rien, on déconne, on met la gomme, on se la joue Al Capone cigare au bec rubis sur l’ongle berline de sport sur les grands boulevards, on se positionne, on ambitionne de démissionner alors on nous licencie, on lit entre les lignes de vie, on nous demande au téléphone on se demande pourquoi, on commande des costumes sur mesure, des cocktails, on mesure notre chance à l’étendue de la guigne des autres, on circule, on met des points aux virgules, on s’occupe, on occupe l’espace, on occulte l’espèce, on se sculpte des corps d’athlètes aux jeux olympiques de la frime, on opprime et on réprime, on déprime et on s’exprime, de prime abord on a mauvaise mine mais ce qui prime avant tout c’est la prime alors on imprime, on se plie aux desideratas de la machine, on tourne à plein régime, on est beau comme des Big Jim©, on est sexy comme des Barbie©, on joue la partie fine, parce que même knock-out, on est inin fine.

 

alexandre carayon.

 

Biot, 14/12/03

Nice, 27/03/07

 

25.03.2007

Réseau Lalan

 En attendant le site officiel www.reseaulalan.com, des informations générales sont disponibles sur

http://www.lelavandou.com/pdf_2007/figure-libre-23.pdf et http://www.lelavandou.com/2001/lalan.htm.

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Indes

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Des crinières de lions des trompes d’éléphants des serpents autour du cou des phallus dressés

Des points rouges au front  des

Pieds nus, des ongles

Vernis des poignets couverts de bijoux

De saris safran, ocre, jaune, orange

Des femmes langoureuses drapées de soie parfumées de la nuque jusques

Au creux des reins

Princesses toutes princesses parfois faites putains par ce foutu destin

Des corps de femmes enfants s’offrant parfois souffrant souvent

Vulves soufflets, bouches crispées, soupirs et cris de celle que l’on déchire dans sa chair

D’enfant

Ci-joint la dot pour barbares, en barbes et turbans issus de castes castratrices d’élan,

Cités high-tech aux tours dorées bordées de tentes de bric

Et de broc, sur des terrains du vague à l’âme

Où s’entassent un peuple en haillons, non loin d’un peuple en costume

Unis par le goût des épices et du riz basmati,

Miracle ou déraison ?

Par le chant des dieux

Tous se laissent bercés Abracadabra,

Poux, cailloux, genoux, Brahmâ, Vishnou , Shiva,

Tu conserveras ce que tu as construit et point encore n’as détruit

Au cœur des ténèbres et de la lumière et du contre jour

Moi l’occidental ignorant tout de l’hindouisme et des Indiens

Gavé par les médias (comme une oie tantriste ?) de clichés exotiques

J’aime parmi ces millions de gens, ceux qui dodelinent de la tête pour un oui pour un non

Et dont la gentillesse et l’humour potache pourraient désarmer

Des tireurs à canons pointés sur des vaches

Sacrées.

alexandre carayon

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