26.05.2007

Le scaphandre et le papillon

Cloué au lit, puis dans un fauteuil.

Corps intact mais paralysé pas plus utile qu’un cors brisé.

Lèvre inférieure tordue par un rictus permanent qui rend la bouche moins hermétique et

provoque l’écoulement d’un filet de bave que l’infirmière, votre fils ou votre ex-femme essuie lors d’une visite.

Jean-Dominique Bauby a fini sa vie à Berck-sur-mer, l’esprit vif mais prisonnier d’un corps mort.

Un papillon dans un scaphandre.

Appel d’air, choc contre le hublot. Dehors il fait bon vivre, dedans la mort vous guette.

Quand il ne reste que l’imagination et la mémoire, que cligner de l’œil est l’ultime moyen de communiquer, parole réduite à des signaux binaires, il en faut de la rage pour vivre, pour dépasser la honte de n’être plus que l’ombre de soi, la bouillie de soi.

Film sublime, Le scaphandre et le papillon, m’a fait pleurer, à plusieurs reprises, sur le sort de ce type qui ne m’est rien, qu’un autre homme, un semblable désassemblé.

Il y a aussi beaucoup d’humour, d’auto-dérision de la part du malade. Pensez-donc, deux nurses splendides de sensualité et compassion s’occupent de lui, en blouse blanche entrouverte sur leur peau cuivrée ! Lui, dont le désir éveillé demeure comme un fantasme, une bulle de savon qui n’éclatera plus jamais, que nulle muse ne saurait voir éclore et encore moins satisfaire.

Film bouleversant qui incite à vivre vite tant qu’on peut vivre bien.

A voir toutes affaires cessantes.

alexandre carayon

26/05/07

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